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LA LISEUSE DE VILLAMAGNA

LA LISEUSE DE VILLAMAGNA

Littérature, Cinema, coups de gueule ou de coeur

Publié le par Gabriella
Ce coin là...

Née en terre du Sud, installée dans le Grand Nord (Lille) par des parents cherchant travail dans les années 60, je suis depuis toujours entre 2 pays.

Les italiens émigrés, durant cette période, vers les Etats Unis, l'Europe ou Australie ont reproduit, ailleurs, leur village natal avec amis, musique régionale, coutumes, repas et dialectes. En bref, nous sommes encore dans les années 60. Ce pays natal, nous le retrouvons l'été pendant les vacances avec la famille (grands parents, oncles, cousins, amis). Nous arrivons accueillis par des pleurs de joie et nous le quittons avec des larmes de tristesse. Vous qui me lisez espagnols, italiens, portugais et autres me comprenez, n'est-ce-pas ? Parfum de terre et soleil brulant. Les odeurs de tomates, melons, pastèques et mer nous les transmettons à nos enfants en meme temps que la langue et les photos noir et blanc.

Aujourd'hui, Ryanair est notre favori sur internet mais il y a encore dix ans, l'interminable voyage était effectué en voiture. Ces 2000 kms, en traversant 3 ou 4 pays différents, étaient fatiguants mais palpitants. Nostalgique périple....

Les années sont passées, les grands parents partis et je reste liée à ce coin de terre car cet endroit me connait mieux que personne .

Que dire alors du pays qui nous a accueillis ? Nous sommes, grace à l'accès à l'éducation, cette personne qui a eu la possibilité d'étudier et exercer un métier. Avec une personnalité que nous n'aurions pas si les parents n'avaient rempli cette valise en carton. Aujourd'hui, mes enfants ont cette force : partir vers d'autres ailleurs s'adaptant à la langue, à la culture, la façon de vivre. C'est une sacrée richesse !

Moi, je vous écris de cette maison, blanche, située au sommet de la colline là où, l'été, l'eau manque à tous, là où très peu de voitures ne passent et les cigales nous accompagnent de leur chant assourdissant. Les melons d'eau pèsent 15 kgs et le ressac de la mer berce parfois nos siestes. Les hommes crient fort en jouant aux cartes et c est peu dire qu'ils sont machos. Et puis.... le linge sèche dehors, les spaghettis sauce tomate ont un parfum de basilic.

C'est là où s'écoulent mes plus belles journées.

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Delphine 18/09/2013 16:28

Merci à toi...
Ce texte est d'une grande sensibilité, beau et simple.
Il me "parle", à moi petite fille d'émigrés. Mes grands-parents m'ont transmis cet attachement à leur pays d'origine et je suis heureuse de retourner régulièrement en Italie.
Dès que j'arrive à Pescara (merci Ryanair ! ) que je vois la fresque DeCecco, que la chaleur m'écrase je sais que ça y est : je suis "chez nous" et c'est contradictoire parce que cette sensation est assez récente. Plus jeune, j'avais l'impression de ne pas etre à ma place, d'etre l'étrangère. Comme quoi ;)
Mes enfants aussi apprécient ces vacances, où ils retrouvent avec plaisir la famille au sens large ! J'adore les entendre poser des questions sur "nonna, mémé, pépé, zio...". Les réponses sont d'ailleurs la plupart du temps données par des tantes ou oncles, cousins éloignés ou amis de famille !
Moments magiques et merveilleux que ceux là, ils nous permettent de savoir d'où on vient...

Quelle chance que mes grands-parents aient eu la force de s'ouvrir à d'autres horizons : ils ont fait de nous des enfants curieux et adaptables à souhait, riches de cultures et de traditions.....
Merci ...

L'armadio del delitto 29/07/2013 20:20

Quel bel article! C'est drole, j'ai fait le trajet contraire. Originaire d'une jolie ville sur le bord de la Manche, j'ai grandi à Grenoble pour m'installer en Italie, un pays dont je ne savais pas grand chose il y a encore 15 ans de cela, et dont je ne parlais pas la langue. Il m'arrive souvent de rever à ma ville natale, au vent violent, aux immenses plages désertes, aux odeurs des herbes qui poussent sur la falaise. Et puis ces jolies maisons Belle-Epoque si soignées, les petits jardins bien entretenus, les gens calmes, les enfants blonds... et pourtant que je suis bien en Italie, il y a une douceur de vivre ici (bien que l'on travaille plus et l'on gagne moins qu'en France) à laquelle je me suis habituée, je suis vraiment devenue franco-italienne!

Gabriella 29/07/2013 21:00

Un grand merci pour votre visite moi qui admire tant votre blog.
En cette periode je passe l ete en Italie , j adore lorsqu en bord de mer on frole les 40 degres et je comprends tout a fait la nostalgie des gens calmes,falaises, etc...comme quoi , oui nous avons de la chance d etre italo francaise ou franco italienne.
Ma fille a fait l essai pendant 5 ans en Italie mais est rentree a cause du systeme de sante trop complique (c est un reel souci) et nous a ramene dans ses bagages un fiance napolitain..Elle a adore la dolce vità.a Roma et moi aussi..A presto......

cisco 05/07/2013 23:12

quel parfum;;;

Isabelle 03/07/2013 18:37

Ah , à vous lire ,je voyage deci delà, en Italie,au Quebec, aux Etats Unis et rencontre ces instantanés de vies et de paysages qui se rassemblent en un merveilleux album de photographies. Je vous remercie de m'inviter à ces voyages.
Je ne suis pas née une première fois à une vie dans un pays et née à nouveau à une autre vie dans un autre pays . J'ignore cet appel de la terre natale qui nous contraint à partir , à repartir , à vivre dans l'attente et à supporter plus ou moins difficilement l'entre deux. Est ce la terre natale qui nous rappelle d'où nous venons et ce que nous lui devons ? Sont ce nos racines familiales qui nous lient à elle? Après tout ,l'espèce humaine n'est elle pas nomade depuis la nuit des temps? C'est ce qui lui a permis de se developper et de s'enrichir des expériences de tous ceux qui nous ont précédé.
Pour moi je suis chez moi où est mon enfant. Mais je me delecte de la chanson et de la beauté de l'immense cerisier qui trone au milieu du jardin.
Bon voyage , Gabriella. Que cette maison blanche ,les melons et les spaghettis vous apportent la paix.
Isabelle

Gabriella 03/07/2013 18:46

J apprécie beaucoup votre commentaire si juste et vous avez raison, nous sommes tous nomades. je suppose que vous avez ramassé pas mal de cerises le mois dernier, vous êtes chanceuse d avoir un jardin. J espère vous revoir en forme et en paix comme vous le dites si justement afin de continuer ce dialogue concernant les ancêtres.

Michelle 02/07/2013 13:58

Pour une fille pure laine du Québec, le "Grand Nord", c'est les neiges à perte de vue, les Igloos et les traîneaux à chiens. Déjà que dans mon enfance au village, la neige était si haute que je pouvais détacher de la main les glaçons qui pendaient sur le bord du toit de la maison, juste en tendant le bras. On allait à l'école en patinant dans la rue avec nos patins à lame et on se creusait des tranchées et des abris dans les énormes bancs de neige.
Ma grand-mère paternelle, devenue veuve avec une tralée d'enfants à nourrir, est descendue quelques années dans "le Sud", soit les États-Unis, pour subvenir aux besoins de sa famille. Mon père qui avait neuf ans travaillait après l'école et rapportait son salaire à sa mère. C'était autour de 1920.
Certains membres de la famille éloignée, du côté maternel, ont fait le même périple, sont devenus américains et nous avons perdu contact avec eux.
Ce qui est bien dans ton histoire c'est la persistance du lien et des attaches.
J'aimerais bien m'y voir moi, dans ta maison blanche au sommet de la colline! Tu me fais rêver.

Michelle 02/07/2013 16:33

Attends-nous, on arrive :-)
Je blague bien sûr!

Gabriella 02/07/2013 14:24

Ah Michelle, quel plaisir de te retrouver. J adore quand tu racontes ton enfance et ton père devait en raconter de belles lui aussi... Ma maison blanche t'est ouverte, viens voir la mer Adriatique avec ton Jean, nous avons 40° mais avec une jolie brise rafraichissante, à bientôt

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