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LA LISEUSE DE VILLAMAGNA

LA LISEUSE DE VILLAMAGNA

Littérature, Cinema, coups de gueule ou de coeur

Publié le par Gabriella
Nos petits

Du jour où l'on a assisté aux premiers pas (grosse émotion) à la première rentrée en classe de maternelle (journée de totale détresse) à ce moment fatidique : leurs 18 ans et soi disant indépendance, nous les avons vus grandir nos poussins.

Petits, nous avions droit "aux bisous partout" suivis de leurs rires en grelots. Les histoires à raconter (Petit Ours Brun et Winnie l'Ourson -mon préféré était Porcinet) étaient précédées des bains avec les jouets de toutes les couleurs et qui étaient de grands moments de complicité.

Puis, c'est fièrement que nous nous rendions à la Fête de Fin d'Année longuement préparée.

Le premier pincement au coeur est ce fameux jour de l'entrée en 6e où l'on ne peut plus "leur donner la main" because : "Les copains nous regardent, je suis plus un bébé". Nous maugréons bien un peu mais nous les attendons à la sortie du collège en échangeant avec les autres parents. Malgré leurs 11 ans, on continue à demander : "Tu as bien mangé à la cantine ?", "Et à la récré, tu t'es fait de nouveaux potes ?" "Ton appareil dentaire te fait moins mal ?" et finalement : "Tu veux manger quoi ce soir ?"

Et voilà, déjà les petits copains qui arrivent, les fêtes, les sorties et nous les voyons encore fragiles avec leurs cartables trop lourds, les sérieux questionnements sur leur futur (dis, je prends espagnol ou allemand en 4e ?).

Bon, l'année du Bac arrive très vite. On ne s'attardera pas sur les nuits d'attente des sorties en boite de nuit, les déceptions amoureuses, les nouvelles façons de s'habiller (eh oui, ils choisissent leurs vêtements maintenant, il est loin le temps de la layette repassée avec amour).

Chaque étape est pour nous des actes d'amour et des grands moments de joie. De leurs premières dents à la première montre et puis la première guitare et la première fois chez le coiffeur (je leur coupais pourtant si bien les cheveux !). Les collections de timbres ou d'images Batman restent dans nos armoires. Les albums sont pleins à craquer de photos qui nous émeuvent. Respirons ces moments de délices où leurs corps ont cette odeur d'enfance qui suffit à notre bonheur.

Ils sont sont devenus beaux et nous sommes fiers quoiqu'ils fassent, qu'ils disent, qu'ils prévoient de vivre. Je crois que nous sommes ainsi des parents pétris d'amour et d'attention qui fait que le moment du départ est vécu comme un nid qui se vide. Ils sont devenus grands nos petits et les discussions échangées nous font découvrir des personnalités étonnantes. Je suis certaine qu'ils se souviennent de tous ces moments d'enfance, d'adolescence avec émotion et tendresse car nous sommes bien les meilleurs parents du monde ! L'amour d'une mère, c'est comme une écharpe bien chaude autour du cou un soir d'hiver, n'est-ce-pas ?

Nos petits
Nos petits
Nos petits
Nos petits
Nos petits
Nos petits
Publié le par Gabriella
LUI  ET  MOI

Il fait partie de ceux qui veulent tout maîtriser : leur destin et celui de ceux qui l'entourent. Il est de ceux qui ne supportent aucunement un autre avis que le sien. Il décide, on s'incline ainsi est sa loi.

Physiquement costaud, j'ai cependant vite décelé sa fragilité. Ses éclats de voix et ses regards furieux épuisent les bonnes volontés mais je le connais bien, c'est sa façon à lui de rester debout. Difficile à cerner cette personnalité contradictoire. Il aboie souvent sur plus faible que lui, peut-être pour faire taire ses propres peurs. Craintes provenant d'une existence bien souvent trop lourde pour lui ?

Né avant-guerre, il a vécu dans une famille où même la pauvreté n'avait pas de nom. Manger devenait une obsession et travailler n'apportait pas le pain quotidien. Sa mère (1.47 m - 40 kgs) s'épuisait du matin au soir. Les enfants, une fois venus au monde, se débrouillaient. A chacun sa peine.... Ils se sont aperçus qu'ils avaient un prénom par hasard. Un anniversaire ? Ils ignoraient même leur jour de naissance.

Pendant la guerre, un soir où les avions arrivaient, il avait environ 9 ans et sa mère l'avait envoyé dans le champ voisin rentrer les moutons qui paissaient. Lorsqu'il y eut trop de bombardements, il s'est simplement allongé sur le sol pour se protéger en attendant que s'éloigne le danger. De retour, quand sa mère l'a vu, elle lui a demandé si toutes les bêtes y étaient. Oui, le compte était bon mais de lui aucune question : ses frayeurs, ses blessures ? Les enfants on en refait, les bêtes ca coute alors l'amour qui en a entendu parler un jour ? Pas lui. Il raconte souvent cette soirée de fête où n'ayant qu'une paire de chaussures pour les 2 frères, il était celui qui attendait que rentre l'aîné pour pouvoir lui-même y aller chaussé sinon c'était pieds nus qu'il irait danser. L'essentiel n 'est pas là mais à force de ne pas être reconnu, on finit par ne plus savoir si on existe.

Peut-être est-ce pour cela que la communication entre lui et moi était si difficile; Seulement des cris. Je n'étais pas celle qui voulait s'incliner. Nous avons pourtant vécu côte à côte près de 20 ans.

Il connaît le nom des plantes, comment on fait pousser les légumes avec la lune croissante et est, comme moi, partisan de la protection de la terre. Il creuse des puits car il sait où se trouve l'eau. Sa vigne, pourtant plantée au Nord, donne un vin au goût de framboise. Peut-être parfois a-t-il été fier de moi ? Peut-être parfois l'émotion a étouffé un mot tendre ? Je l'ignore.

Sa fierté et sa pudeur l'ont empêché de me dire qu'il écrivait un livre. Lorsque j'ai demandé à le lire, j'ai été surprise : histoire d'amour d'un couple stérile adoptant dans un orphelinat. Etonnant pour un enfant de famille nombreuse... Lui qui a fréquenté l'école pendant 3 ans, juste un peu le soir après les travaux de la ferme, écrit de façon pointilleuse, chaque détail est formulé. Pas d'orthographe ni ponctuation mais qu'importe... Lorsqu'il a vu mon blog, il a souri et demandé si ça "rapportait". Oui, ca rapporte mais pas comme il l'entend.

Nous ne nous comprendrons jamais ni aujourd'hui, ni demain. Est-ce important ? J'aimerais seulement être en paix avec mon père à l'aube de sa vieillesse.

Publié le par Gabriella
C'est la fin de l'été

C'est une sensation de nostalgie banale que l'on ressent chaque année en fin de saison mais l'entrée de l'automne est quelque chose de particulier.

En fin d'apres-midi, je suis allée me promener sur la plage. J'aurais du mettre mon maillot de bain car l'envie de me baigner m'a poussée dans l'eau si douce, si pure.... Il faisait encore 30°. Du bonheur. Presque personne sur la plage seulement les maitres sauveteurs démontant leur fort en bois et dans les bars, ceux qui rangeaient parasols et chaises longues. Ainsi, à la mi-septembre, à part quelques rateaux colorés sur des chateaux de sable, des ballons oubliés, plus rien ne rappelle ces brulantes journées de bronzage sur la plage où tous les fidèles vacanciers se retrouvent chaque été. Ils se racontent leur vie, jouant aux cartes, dégustent les pastèques et parlent des enfants qui grandissent.

Aujourd'hui, le ciel ètait plus bleu que la mer et la lumière étincelante. Immense beauté ! Que j'aime cette saison, que j'aime le soleil brulant et cette vie qui pétille plus fort qu'en hiver. Les beaux jours sont ceux qui nous font vivre à peine vetus avec l'envie de danser et de bronzer.

Et vous, votre saison préférée est-elle aussi celle des melons et des peches, de la neige et cheminée feu de bois ou celle des feuilles mortes ?

C'est la fin de l'été
C'est la fin de l'été
Publié le par Gabriella
L'AQUILA : 4 ans plus tard

Il y a environ 4 ans, j'ai entendu parler aux infos,comme beaucoup, du tremblement de terre en Abruzzo (Italie) et en particulier à l'Aquila. Etant native de cette région, j ai été attristée de voir ces amas de pierres qui furent des maisons, ces corps sans vie, alignés sur le sol, qui étaient des fils, des parents, des familles. Ces appartements éventrés laissant apparaitre des lits écrasés, ce linge qui séchaient , ces meubles en miettes donnaient l'impression d'un après-guerre.

Tout de suite, il y eut une mobilisation nationale puis internationale. Beaucoup d'aides humaines pour accompagner les survivants : protection civile, pompiers, psys, infirmiers et de la nourriture, de l'eau potable puis arrivèrent les aides financières de tout pays : des millions d'euros....

C'est donc en touriste pleine de curiosité que je me suis rendue sur place, me trouvant à 100 kms du lieu où les secousses sont toujours quasi quotidiennes Le 1er vllage que j'ai visité est "Onna", peu d'habitants, plus du tout de magasins, plus d'agriculture ni travail. La reconstruction se fait petit à petit : quelques églises rebaties mais les montagnes de gravats sont présentes rappelant à chacun la tragédie.

Il me fut facile de discuter de cette période avec les habitants d'Onna. Beaucoup s'ennuient, ceux qui ont dépassé 50 ans sont restés mais n'ont plus d'activité. "Rien ne pousse plus ici " disent-ils. "Là où se trouvaient nos champs de blé, le sol est devenu aride. Nos étables sont vides de chèvres. Beaucoup de nos enfants sont décédés ou gravement blessés. Ma nièce est souvent sujette à des crises de panique malgré la psychothérapie" ajoute cet ancien maçon de 58 ans. Il raconte comment ils ont été surpris en pleine nuit par cette "secousse" plus importante que les autres. Les tremblements de terre sont fréquents en Italie mas ce que beaucoup n'acceptent pas est le fait que ce séisme ait été détecté par 2 géologues quelques jours auparavant. Ceux-ci ayant averti les autorités italennes de l'évènement tragique, ont été placés en prison en attendant que l'on vérifie leurs déclarations alarmantes. Aujourd'hui, justice leur est rendue suite à un procès mais les habitants se sont sentis pris en otage en pleine nuit (plus de 300 morts et 1500 blessés). La colère est là : "pourquoi le silence diplomatique de l'état a dû coûter la vie de nos enfants ?". Ayant eu connaissance de la vérité, les habitants auraient eu le choix de passer la nuit ailleurs épargnant ainsi la vie de beaucoup. La colère, la peine, la révolte sont légitimes.

Bien sur, Berlusconi a fait construire des maisonnettes en bois pour chaque famille, tous ont été relogés.Mais, on murmure que des millions d'euros ont été éparpillés et pas toujours utilisés à bon escient.

Passons à l'Aquila. La ville est grande, imposante parmi les montagnes. C'est le choc.On croirait que le drame s'est déroulé il y a 1 mois. Les pompiers sont toujours sur le terrain, les magasins scellés,les grues présentes par dizaines. On monte des échafaudages partout, les maçons s'interpellent. Que de choses à faire ! Du travail pour 10 ans encore, c est fou. Les jeunes sont partis, l'université et l'hopital fermés. Il serait plus raisonnable de tout raser et construire du neuf. Seulement, l'Italie posséde des églises antiques, une culture séculaire qu'on ne peut raser alors le travail est collossal. Ceux qui sont restés essaient de vivre "comme avant" mais on s'attend à de nouvelles secousses. Résignation pour ces montagnards habitués à vivre à la dure et avec peu.

Malgré tout, comme ils disent "la vie continue" et on voit avec plaisir quelques amoureux se promener et s'amuser à la fete qui se prépare...........................

Voici quelques photos qui parlent d'elle-memes !

ONNA
ONNA
ONNA

ONNA

L'AQUILA : 4 ans plus tard
L'AQUILA : 4 ans plus tard
L'AQUILA : 4 ans plus tard
L'AQUILA : 4 ans plus tard
L'AQUILA : 4 ans plus tard
L'AQUILA : 4 ans plus tard
L'AQUILA : 4 ans plus tardL'AQUILA : 4 ans plus tard

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